21 – Marie

Nous tenons à préciser que ce témoignage est authentique : c’est-à-dire qu’il est ici publié tel que la victime l’a écrit, sans modification, afin de ne pas induire de pensée qu’il ait pu être « retouché ». C’est pourquoi vous pouvez y trouver parfois des fautes d’orthographe ou de syntaxe…
Merci d’en tenir compte pour ne pas m’en imputer la responsabilité.

Marie

Atteinte d’un covid neurologique, cette artiste-peintre est paralysée des deux jambes à 30 ans : « mes neurones ont été chamboulés »

 

Marie Mehr ne peut plus se mouvoir sans son fauteuil roulant. Cette artiste-peintre de 30 ans a été diagnostiquée d’un trouble neurologique fonctionnel (TNF) causé par un covid neurologique contracté le 1er novembre 2025. La Côte-d’Orienne garde l’espoir de remarcher un jour.

De simple cas contact, Marie Mehr a fini en fauteuil roulant. Cette habitante de Soussey-sur-Brionne (Côte-d’Or), à côté de Pouilly-en-Auxois, vit un cauchemar depuis un peu plus d’un mois.

Marie Mehr est artiste-peintre à Dijon.© Marie Mehr

Touchée par un covid neurologique, cette artiste-peintre a rapidement vu des symptômes violents apparaître. Aujourd’hui, c’est depuis une chaise roulante du service neurologique au CHU de Dijon qu’elle témoigne.

Une escalade de symptômes

Le 3 novembre 2025, la jeune femme est déclarée cas contact d’une personne atteinte par le covid. Très vite, des symptômes de plus en plus inquiétants apparaissent.

Marie Mehr se souvient avoir eu très peur : « La personne avec qui j’étais en contact n’a développé qu’une mauvaise grippe. Mais moi, déjà en rentrant, j’ai eu des endormissements dans la voiture. Le lendemain, c’était une grosse migraine, comme je n’en ai jamais eue. Puis le soir, des vomissements, céphalées, étourdissements… je n’ai pas bougé de la journée, j’avais 39 de fièvre, mais rien au niveau pulmonaire.« 

Son médecin traitant vient à son chevet le jour d’après. Après un test covid négatif, il remarque des raideurs importantes dans sa nuque et décide de l’envoyer en urgence au CHU de Dijon. « Je suis traitée pour tous les symptômes, mais je fais une allergie à un médicament« , se rappelle-t-elle. « Je suis restée inconsciente 30 minutes. Je me suis réveillée dans un scanner. Rien à l’imagerie, pas de méningite, mais une petite inflammation des méninges. Peu après, je suis testée positive au covid et je commence à sentir ma jambe fourmiller. Je le dis au médecin, mais il décide de me renvoyer chez moi.« 

Arrivée à son domicile, la situation de Marie Mehr se dégrade très vite. Sa jambe droite devient impossible à lever. C’est le début d’une rapide descente aux enfers.

Un diagnostic rare

En tout, Marie Mehr a fait trois passages aux urgences. D’abord aidée d’une béquille, elle doit maintenant miser sur un fauteuil roulant. Car, depuis deux semaines, l’autre jambe a cessé de répondre à la majorité des signaux de son cerveau, allant même jusqu’à provoquer une chute dans les escaliers à son domicile. C’est aussi à cette date qu’elle est entrée au service neurologique de Dijon.

« Je dois dire que depuis que je suis ici, je n’ai rien à redire, le service est très compétent« , décrit-elle. « Directement, on m’a parlé d’un covid neurologique pour la première fois. Les examens montrent que j’ai des troubles neurofonctionnels (TNF), quelque chose qui est assez méconnu du grand public. Normalement, c’est quelque chose que l’on retrouve chez les personnes qui ont des problèmes psychologiques. Mais moi, je suis artiste-peintre, je suis vraiment épanouie dans mon métier et dans ma vie sociale. Les médecins pensent que l’élément déclencheur a été le covid.« 

J’étais en panique. Je m’imaginais une sclérose en plaques. Et en fait, ils m’expliquent que mes neurones ont été chamboulés et qu’ils ne transmettent plus les bonnes informations à mes jambes.

Marie Mehr

artiste-peintre

Les TNF, selon les Hospices civils de Lyon, ce sont des symptômes « qui affectent la motricité volontaire, les fonctions sensitives ou sensorielles« . Selon cette même source, cela concernerait 5 patients pour 10 000 habitants. Mais, dans les services de neurologie, ils seraient recensés pour 30 % des patients. Si les professionnels de santé parlent d’un état « réversible« , Marie Mehr elle, oscille entre optimisme et peur.

J’ai eu de la chance dans un sens, parce que je n’ai pas subi d’errance médicale. J’ai été prise en charge tout de suite et avec sérieux.

Marie Mehr

artiste-peintre

Dans les prochaines semaines, elle devrait commencer la rééducation neurologique et physique, pour ses jambes, mais également pour ses bras qui tendent à s’engourdir. En complément, elle devrait être traitée par stimulation magnétique transcrânienne répétitive (rTMS). Concrètement, il s’agit de générer un courant électrique afin d’inhiber ou de stimuler certaines zones du cerveau.